Dimanche 25 Novembre 2007
Pensées féministes, suite
Par Bulette, Dimanche 25 Novembre 2007 à 12:38 GMT+2 dans La Fam et l'Hom
Croyances Fams :
Mais je souriais et je m'avançais vers mes amies. Je pris la toute jeune fille de Relm dans les bras et la berçai tendrement. Relm en profita pour s'emparer du ventre de Jade à pleine main ; elle commença à faire toutes une montagne de prédictions sur ceci et cela du futur de l'enfant. Elle soutenait qu'elle aurait les yeux aussi bleus que le lac sacré d'Ô, aussi bleus que le ciel par une belle journée d'été.
Jade devint toute rouge sous le compliment : les yeux bleus étaient les plus rares, ils assuraient beauté, bonheur et pouvoir. D'aussi loin que je me souvenais, je n'avais rencontré qu'une seule personne qui possédait de tels yeux, Dame Victoria.
Par cette matinée d'été, il faisait bon vivre au village d'Ô, car en effet, la journée était belle : Quelques nuages parsemaient l'horizon, et une douce brise soufflait entre les maisonnettes. Et en cette période de paix et de prospérité, les jeunes fams couraient le long des allées en riant haut et fort ; sur la place du village, on vendait et troquait : bijoux en argent, étoffes, produits exotiques, et une foule d'autres choses. Parfois, on laissait place à des musiciennes itinérantes, et toutes dansaient, chantaient, faisant la fête gaiement.
A chaque début de saison, on rendait hommage à la nature notre mère : les plus petites fams étaient présentées au lac sacré et plongées en son sein, tandis que les vieilles fams transmettaient plus ardemment leur savoir. S'en suivait un certain nombre de réjouissances aussi appréciées les unes que les autres.
C'était le premier jour du printemps et j'espérais sincèrement la venue des Fams des plaines*1 , qui a chaque passage, amenaient de si étranges objets. Un dicton de mon village dit qu'un printemps sans la venue des Fams des plaines, est un printemps bien ennuyeux. J'avais hâte d'entendre les nouvelles d'en bas ; les grandes plaines, les rivières appelées fleuve et le lac sans fin, étaient autant de lieux inconnus qui attisaient ma curiosité.
L'unique chose que nous, Fams des Montagnes, connaissions d'en bas, était la forêt de chênes, mais bien peu de fams en revenaient avec des souvenirs concrets ; Jade se souvenait bien d'avoir couru dans un éboulis fantastique à s'en rompre le cou, et Relm d'avoir emprunté un sentier sinueux dans une forêt touffue, mais cela s'arrêtait la.
Ici-haut, rare étaient les fams avides de voyage. Néanmoins, quelques une étaient restées dans les mémoires : au delà des légendes comme celle du monde des homs, on raconte que Dame Tula aux yeux bleus*2 alla jusqu'au village de Bourgansson*3. Et ditons, les maisons étaient le double des nôtres, et étaient faites de véritables rochers. Les sentiers étaient aussi larges que le lit des plus grandes rivières, et l'on transportait les marchandises non pas à dos d'âne, mais tirées par des charrettes, elles-mêmes tirées par de majestueux mulets !
Je n'étais pas comme la plupart des fams, mon héroïne était Dame Tula, et j'étais avide de pays lointains. Mais de l'autre coté, comme toute jeune fam j'avais l'âme d'une mère, et je souhaitais le jour qui selon beaucoup de fams était le plus beau d'une vie.
Tiraillée entre deux réalités, j'attendais mon heure.
La vie suivait son cour. Seulement deux semaines s'étaient écoulées après l'équinoxe de printemps et le village s'anima d'une furieuse excitation : les fams des plaines étaient arrivées.
Jade avait enfin mit au monde sa fille et elle avait les yeux ... aussi marron qu'une noisette. Relm, nullement déçue s'était aussitôt enthousiasmé, et voulu qu'on l'appelle Noisette. A cela, Jade avait bien entendu répliqué que si elle souhaitait tant donner un nom de nourriture propre aux écureuils, elle n'avait qu'à l'appeler Relm. Ce qui avait déclenché l'hilarité de toutes. Les yeux marron étaient de bon augure, ils symbolisaient la terre fertile, Jade était heureuse.
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*1 Comprenons par là, les fams qui ne vivent pas dans les montagnes, c'est-à-dire, toutes les autres. Fams des forêts, Fams des marais, Fams du désert, etc...
*2 Les yeux bleus étant très rares, la plupart des fams dans ce cas là, sont connues sous le nom de « aux yeux bleus ». Dame Églantine, pour affirmer sa différence, se fit appeler « aux yeux verts », ce fut une grande penseuse Fam.
*3 Dame Tula écrira le récit de son voyage jusqu'à Bourgansson dans son livre intitulé «Voyage en pays lointain ». Elle décrira les mœurs des fams des plaines avec partialité ; en effet, les fams des plaines n'étaient pas vues d'un bon œil dans les montagnes. Débute, avec le récit de Tula, une ouverture d'esprit de la part des fams sur le monde d'en bas.











