Pensées féministes

D'aucuns affirment que la femme naquît de la cuisse de l'homme, d'autres croient à plus forte raison à la théorie de l'évolution. Mais une infime partie, se souvient d'une époque maintenant révolue où il était tout autre.
I Légendes Fams
Après que toutes les petites Fams se soient enfin calmées et que chacune d'elles ait trouvé une place confortable, Dame Victoria commença son histoire :
« Il y a bien longtemps, dans le même village que nous habitons aujourd'hui, vivait une jeune Fam du nom de Yonkilla. Elle était sûrement la plus belle du village, et son destin semblait tout tracé. Elle approchait de son 17ème anniversaire et ce qui devait se produire, se produisit : Comme toutes les filles de son âge, elle ressentit l'appelle de la forêt de chênes. Aux anges, elle courut vers la forêt, et sans qu'elle en prenne vraiment conscience, elle se retrouva devant un immense chêne. Les battements de son cœur s'accélérèrent et elle se blottit entre les racines de l'arbre. »
Bien qu'elles aient déjà entendu ce conte des dizaines de fois, les petites Fams étaient toutes excités. Moi-même, je le connaissais quasiment par cœur, il n'empêche, qu'il me plaisait de l'entendre à nouveau. Adossée à un arbre, je souriais. Cette histoire devenue légende était assez émouvante et j'aimais croire que Yonkilla avait vécu.
Dame Victoria continua :
« Le lendemain, Yonkilla se réveilla et instinctivement posa sa main sur son ventre. Au cours de la nuit, il était devenu rond et bienveillant. Yonkilla était heureuse, rayonnante, et elle rentra au village en sautillant comme une enfant. ». A ces mots, quelques Fams plus âgées que les autres, gloussèrent en regardant leurs cadettes.
La voix de Dame Victoria se fit plus forte :
« Et un jour où le soleil était caché par des nuages noirs, Yonkilla mit au monde une petite fille bien étrange, en effet, il y avait entre ses jambes quelques chose que les autres Fams n'avaient pas. Elle l'appela Hom. »
Il est de notoriété publique que la plupart des fams ont peur de ce qui est différent d'elles. Bien sûr, en général toutes essaient de ne pas le montrer. Nous sommes hypocrites avec tout, surtout avec nous même, c'est surement ce qui fait de nous des Fams. Et c'est pourquoi, la fin de cette histoire ce finit normalement comme ça : « Mais jamais Hom ne se fit acceptée par ses camarades, car elle avait un comportement vraiment différent, personne n'avait été comme ça avant. C'est ainsi que la malheureuse et sa fille s'écartèrent de plus en plus de la société. C'est un soir de pleine lune que Yonkilla partit avec sa fille, et on ne la revit plus jamais. »
Les jeunes Fams commençaient à se lever, quand Dame Victoria les arrêta d'un geste de la main. Elles se rassirent avides de savoir ce qu'elle allait dire.
Elle me regarda un instant. Son regard était fatigué, beaucoup savaient que la fin de sa vie était proche. C'était une Fams qui avait vu se lever de nombreux soleil, elle était pleine de sagesse.
Elle nous dit alors quelque chose, qu'elle n'avait jamais dit et que je n'avais jamais entendu :
« On raconte, que partant vers l'Ouest, Yonkilla traversa de nombreuses contrées inconnues, combattant moultes bêtes horribles, sans jamais s'arrêter. Mais, à l'aube du 2ème jour de la 4ème semaine, Yonkilla stoppa ça longue chevauché ; De l'eau, tel un lac, se trouvait devant elle, en bas de la colline. Un lac si immense qu'on n'en voyait la fin, ni devant, ni à droite, ni à gauche. On ne sait comment, mais elle réussit à traverser cette étendue d'eau qui semblait infini, et, de l'autre côté, elle trouva un monde semblable au notre, mais pourtant très différent.
On le surnomma plus tard, le monde des Homs. » Sur ces mots, Dame Victoria se leva et se retira chez elle.
Les petites fams s'agitaient et chuchotaient entre elles. J'étais perplexe. J'aperçus, au loin, mes amies qui discutaient gaiement, l'une d'entre elles était revenue de la forêt de chênes avec un ventre bien rond. Elles devaient se disputer sur le nom du futur enfant ou sur la couleur de ses yeux ... C'était très important, selon elles cela déterminait le caractère de celui-ci.
Soudain : « Eh, Joyla ! Vient voir le beau ventre de Jade ! » C'était Relm qui m'appelait en faisant de grands gestes dans ma directions. Je soupirais, pourquoi tenaient-elles toutes à étaler leur bonheur devant moi ? Relm tenait dans ses bras sa fille, Jade riait en se tenant le ventre et moi je commençais sérieusement à me dire que la forêt m'avait oubliée.
Par Bulette, Samedi 24 Novembre 2007 à 11:47 GMT+2 dans La Fam et l'Hom (article, RSS)











