Le lit
Rassurant, il m'enlace et chuchote tout bas :
« J'ai connu tes parents, leurs parents avant eux
Heureux, ils s'adonnaient à l'amour dans mes draps
Haut et fort, ils criaient leur passion aux cieux
Celle, qui à travers la sueur et les larmes
T'as offert ce qu'il y a de plus beau, la vie
Semblant te dire : Hodie mihi, cras tibi
Elle est à ton image, si pleine de charme
Te souviens-tu ? De ces cris, que tu étouffais
La tête enfouie sous l'oreiller, et des plumes
Qui de celui-ci s'envolaient, quand tu jetais
Ce polochon au mur, souhaitant moins de volume
Tu t'agitais en proie à des rêves lointains
Des rêves de futur qui sont pourtant si proches
Mais rappelle-toi plutôt du son des reproches
Qui te faisaient quitter ma chaleur au matin
Souvent je bouillonnais et tu n'avais plus froid
Car tu n'étais plus seule mais accompagnée
Et tout ton corps n'était que plaisir en émoi
Quand sous les mains de ton amant, tu tressaillais...
Une jeune personne veille près du lit
Mais tu le sais déjà, n'est-ce pas ? Tu le sais,
Que ce n'est pas toi. Car là, tu es allongée,
Aussi pâle que mes draps, et presque sans vie
La vie est un éternel recommencement,
Un cycle qui tourne, tourne, suivant son cours
Hélas, aujourd'hui, jour de trépas, c'est ton tour
Rassure-toi, car tu vivras dans tes enfants
Et dans le sommeil sans fin, j'irai avec toi
Que je sois cercueil, futon, ou à baldaquin
L'humanité entière est toujours près de moi,
Part sereine et va vite vers ton lendemain ! »
bulette
Par Bulette, Samedi 24 Novembre 2007 à 11:28 GMT+2 dans Poèmes (article, RSS)











