La Fam et l'Hom
Les petites Fams étaient toutes excités même si, ayant déjà entendu ce conte des dizaines de foi, elles connaissaient la suite. Moi aussi je la connaissais , quasiment par cœur d’ ailleurs. Adossée à un arbre je souriais. Cet histoire devenue légende était assez émouvante et au fond de moi j’ étais sure que Yonkilla avait vraiment vécu …
Dame Victoria continua : « Le lendemain, Yonkilla se réveilla et instinctivement posa sa main sur son ventre. Au cour de la nuit, il était devenu rond et bienveillant. Yonkilla était heureuse, rayonnante et elle rentra au village en sautillant comme une enfant. » A ces mots, quelques Fams plus âgés que les autres, gloussèrent en regardant leurs cadettes. La voix de Dame Victoria se fit plus forte : « Et un jour, où le soleil était caché par des nuages noirs, Yonkilla mit au monde une petite fille bien étrange, en effet, il y avait entre ses jambes quelques chose que les autres Fams n’ avaient pas …Elle l’ appela Hom. La malheureuse et sa fille commencèrent à se sentir rejetés. » Dame Victoria secoua légèrement la tête comme si, elle n’était pas d’ accord. Elle avait raison ; pourquoi rejeter une personne seulement parce qu ‘elle est différente ? C’est absurde à mes yeux. « Un soir de pleine lune, Yonkilla partit avec sa fille, et on ne la revit plus jamais. »
Les jeunes Fams commençaient à se lever quand Dame Victoria les arrêta d’un geste de la main. Elles se rassirent avides de savoir ce que elle allait dire. Elle me regarda un instant. Elle avait l’ air fatigué, beaucoup savaient que la fin de sa vie était proche. Elle était très vielle et pleine de sagesse. Elle nous dit alors, quelque chose, qu’ elle n’avait jamais dit et que je n’avais entendu : « On raconte, que partant vers l’ Ouest, Yonkilla traversa de nombreuses contrés inconnus, combattant des bêtes horribles, sans jamais s’ arrêter. Mais, à l’ aube du 2ème jours de la 4ème semaine, elle s’ arrêta. De l’eau, tel un lac, se trouvait devant elle, en bas de la colline. Un lac si immense qu’on n’en voyait pas la fin, ni devant, ni à droite, ni à gauche. On ne sait comment, mais elle réussit à traverser cette étendue d’ eau, qui semblait infini, et, de l’autre côtés, elle trouva un monde semblable au notre, mais pourtant très différent ... On le surnommera plus tard, en l’honneur de la fille de Yonkilla , le monde des Homs. » Sur ces mots, Dame Victoria se leva et se retira chez elle. Les petites fams s’agitaient et chuchotaient entrent elles. Il existerait donc un autre monde que celui-là … Cela me laissa perplexe, et je me demandais comment Yonkilla avait fait pour traverser cet immense lac. Une pensée bien infantile d’ailleurs.
J’aperçue, au loin, mes amies qui discutaient gaiement, l’une d’entre elles était revenue de la forêt de chênes avec un ventre bien rond. Elles devaient se disputer sur le nom du futur enfant ou sur la couleur de ses yeux … C’était très important selon elles, soi-disant que cela déterminait le caractère de celui-ci. Soudain : « Eh, Joyla !!! Vient voir le beau ventre de Jade !!! » C’était Ayali qui m’appelait en faisant de grands gestes dans ma directions. Je soupirais, pourquoi tenaient-elles toutes à étaler leurs bonheur devant moi ?! Ayali tenait dans ses bras sa fille, Jade riait en se tenant le ventre et moi je commençais sérieusement à me dire que la forêt m’avait oublié…
Par Bulette, Dimanche 16 Avril 2006 à 19:14 GMT+2 dans La Fam et l'Hom (article, RSS)











