Mon rêve familier
Poèmes Saturniens
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule sait les rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul Verlaine
Par Bulette, Vendredi 3 Mars 2006 à 17:50 GMT+2 dans Verlaine (article, RSS)










